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Les Néo-Gaïens T03 : Duncan - Chapitre 01


2021 (Duncan a dix ans)


Dans mon rêve, je m’approchais d’un vieux bâtiment en pierre, habillé uniquement de mon pyjama vert, celui avec les voitures dessus. Je n’avais jamais vu de maison aussi haute, ni avec de telles vitres : colorées et représentant divers personnages. Ce qui m’impressionnait le plus était sans aucun doute la partie la plus élevée de cet édifice, qui se terminait par une pointe. Cette dernière semblait protéger une cloche, qui ressemblait à celle accrochée autour du cou de ma vache préférée, Sunny, mais en beaucoup plus gros. Et elle était surmontée par une croix en fer. Même si elle était en grande partie rouillée, j’en restais béat. Elle me procurait une espèce de réconfort que je ne saisissais pas. C’est comme si cet endroit était magique !

J’aimais la magie. Maman nous racontait toujours, à mon frère et à moi, qu’elle était partout autour de nous, qu’il nous suffisait d’ouvrir les yeux pour la voir. Une fois, je lui ai demandé de me la montrer. Elle m’a souri et m’a répondu qu’en grandissant, les hommes perdaient leur innocence et, avec elle, la capacité à voir par-delà la réalité. Je n’ai pas compris ses mots… Elle s’est contentée de passer sa douce main dans mes longs cheveux emmêlés avant de m’assurer qu’un jour, je comprendrais.

Le lieu où je me trouvais était désert hormis cette imposante bâtisse. Je reconnaissais toutefois le paysage. Il était typique des Highlands, une terre qui faisait la fierté de mon père. Une terre qui était également rude, comme s’en plaignaient souvent mes parents. Mais, avant tout, c’était chez nous, là où mon petit frère Cormack et moi avions vu le jour.

Je fis un tour sur moi-même pour tenter de me repérer, mais ce fut peine perdue. Au-delà des collines verdoyantes, il y avait un pic aigu, et un ruisseau courait sur ma droite, produisant un bruit apaisant. Il n’y avait aucun autre signe distinctif, si ce n’était cet immense bâtiment qui semblait entouré d’un halo de lumière.

Du moins, avant que le ciel ne s’assombrisse d’un coup. Des nuages menaçants se massèrent juste au-dessus du toit pentu en ardoise. Puis vint le bruit de coups de poing contre l’immense porte, qui se trouvait soudain juste devant moi. Je ne me rappelais pas avoir marché jusque-là. La porte tremblait, mais ne cédait pas. C’est alors que j’entendis les cris. Des hurlements d’hommes au timbre désespéré.

J’avais peur, je voulais m’enfuir. Tout était devenu noir autour de moi, et il m’était impossible de repartir dans ce néant. Ce n’était pas que j’avais peur de l’obscurité comme Cormack, c’était juste que je ne parvenais pas à soulever le pied. J’étais comme collé au sol, où je m’embourbais un peu plus à chaque seconde qui passait. La panique m’envahissait à l’idée de m’enfoncer jusqu’à être enterré vivant dans cette noirceur. De plus, je refusais de continuer à écouter le bruit des horreurs qui devaient se dérouler derrière ces murs. Comment un endroit si paisible pouvait-il se transformer en un tel cauchemar ?

Je voulais me boucher les oreilles, mais mes bras restaient paralysés le long de mon buste. La boue atteignait à présent mes genoux. J’aurais voulu crier à mon tour ; cependant, aucun son ne sortait de ma bouche. Elle ne m’obéissait plus, comme le reste de mon corps…

Et puis une voix se détacha du reste, une voix que j’aurais reconnue parmi cent autres : celle de mon père. Un mot parvint enfin à passer la barrière de mes lèvres :

« Papa ?

— Fuyez, Duncan ! Fuyez la maison, la région… les Highlands ! Fuyez avant que l’Ordre arrive ! Fuyez avant de mourir !

— Papa ! » m’écriai-je.

Mais la voix de l’autre côté du battant en bois était désormais ensevelie sous des dizaines d’autres cris. L’odeur âcre de la fumée s’emparait de mes narines. Pourtant, je ne voyais pas l’ombre d’une flamme. Je n’eus cependant plus aucun doute en sentant les relents de chair brûlée. La nausée me gagna tandis que je sombrais inexorablement dans une terre qui puait le fumier.

Je tentai de m’accrocher à la moindre tige de fougère, d’appeler à l’aide, de retenir ma respiration. Rien n’y faisait. L’ombre mangeait peu à peu ma vision et, alors que j’étais sur le point de mourir asphyxié, une seule pensée tournait en boucle dans ma tête :

« Je dois les sauver. »


* * *

Mars 2040


J’ouvre les yeux avec un cri muet. Habitude que j’ai réussi à perfectionner depuis presque vingt ans que ces foutus rêves gâchent mon existence. Je suis trempé de sueur, et les battements frénétiques de mon cœur résonnent tellement fort dans ma poitrine que j’en ai mal. Je me mets en position fœtale et régule ma respiration avec de grandes goulées d’air que je me force à expirer de façon contrôlée. Je pose ma main sur ma poitrine ; elle me permet de ne pas me fier qu’à ma tête. Je ne peux pas toujours me fier à ma tête… surtout ces derniers temps.

Une crampe dans le mollet — autre aspect sympathique de mes réveils nocturnes quotidiens — m’oblige à m’asseoir sur mon matelas afin de masser la zone douloureuse. Ma transpiration se refroidit rapidement au contact d’un courant d’air frais qui traverse la grotte. Après tout, ce n’est que le début du printemps. Je frissonne, bien malgré moi, et je regrette d’avoir dormi habillé d’un simple caleçon. Je me lève, et la pierre froide sous mes pieds n’arrange rien. Casper n’arrête pas de répéter qu’il faudrait que j’aménage un minimum le placard à balai qui me sert de chambre. La gamine n’a pas tort. Quelques tapis ne seraient pas du luxe, je le réalise à cet instant précis. Néanmoins, cette pièce m’importe peu, comme pas mal de choses dans ma vie…

Je récupère mon débardeur par terre et l’enfile en vitesse, histoire de calmer mes claquements de dents. Je ne suis pas sûr que la faute en revienne totalement à la fraîcheur ambiante. Il est plus probable que ce soit un des symptômes de ma putain de folie. J’en grognerais bien de colère ou de frustration ; cependant, j’ai depuis bien longtemps compris que cela ne servait à rien. Peu importe ce que je fais ou dis, cela ne changera rien à ce que je suis : une bombe à retardement. Chaque jour, je me rapproche un peu plus du point de rupture, où Matt ne pourra plus m’aider à remonter la pente, où Nico ne pourra plus se permettre de me garder parmi les siens, où Art devra me coller une balle dans la tête avant que je ne commette l’irréparable.

Peut-être aurait-il déjà dû le faire… J’en veux pour preuve mon comportement envers Pimp. Je lui en veux sans raison, et ce, depuis la première fois que je l’ai vue… dans un de mes rêves. Dans mes moments de lucidité, je sais que c’est une réaction excessive, non fondée et stupide, mais, la plupart du temps, je ne la considère que comme l’intruse qui va détourner Art de ses obligations, de ses amis… de moi ! Quand elle s’est barrée du bar après notre altercation et qu’Art m’a remonté les bretelles — à juste titre — dans la chambre, j’ai cru un moment que mon chef et ami de longue date allait me tuer. Je l’ai non seulement envisagé comme une possibilité, mais je l’ai également espéré. Je voulais juste cesser de faire du mal à mes amis.

Je réalise à cet instant que je suis content qu’il ne l’ait pas fait. Entre cette fameuse soirée au bar et aujourd’hui, quelque chose a changé la donne. Cependant, je n’ai pas envie de me pencher sur ce détail. Enfin, pas que le mot « détail » soit le mieux choisi pour décrire l’Anglaise qui obsède mes pensées depuis qu’elle est montée dans le van après avoir échappé à l’Ordre en même temps que Vince et Nico…

Quelque chose dans son regard me perturbe plus que la simple vision d’une belle femme ne le devrait. C’est comme si je la connaissais déjà, et pourtant, j’ai beau me triturer le peu de méninges fonctionnelles qu’il me reste… je ne me souviens pas !

Je suis encore en pleine réflexion quand j’atteins la pièce qui sert de salle de bain. Je bois directement au robinet en cuivre avant de me relever.

Mon regard se pose automatiquement sur le petit miroir rond en face de moi. Il faut que je passe un coup de rasoir sur ma tête. Je le ferai demain, en même temps que ma barbe. Je me frotte le menton sans vraiment m’en rendre compte, et une réminiscence de mon rêve me revient en tête. Encore un rêve où je me suis vu mourir. Ce n’est pas inhabituel ; toutefois, les circonstances changent très souvent. Je suis déjà mort noyé, brûlé, empoisonné, tué par balle, asphyxié, tailladé, écartelé, déchiqueté et j’en oublie certainement d’autres. Le pire est de le subir à chaque fois comme si c’était la réalité. On peut dire que j’ai plus de vies au compteur qu’un satané chat ! Pas étonnant que je sois proche de la folie… Personne ne peut rester sain d’esprit après avoir vu et ressenti autant d’atrocités.

Pourtant, un détail a changé cette fois-ci… J’étais maître de mon corps et de ma voix, et elle m’a embrassé… juste avant qu’on nous attaque. Et je l’ai sauvée, en me sacrifiant ! Elle, l’Anglaise au corps qui me fait fantasmer et à la voix mortelle. Ma vision se trouble et mon doigt essuie une larme coincée au coin de mon œil. Je suis assez étonné. Je ne me pensais plus capable d’une telle émotion. À quand remonte la dernière fois que j’ai pleuré ? De plus, je n’en saisis pas bien le motif.

Tout est de sa faute, à cette satanée amazone d’un mètre quatre-vingt ! Et quand elle parle, j’ai l’impression de rentrer chez moi, dans les Highlands. Je déteste ce qu’elle me fait ressentir. Après tout, j’ai fui ma maison il y a bien longtemps, et je ne pourrai sans doute jamais y retourner… Elle enfonce le couteau dans cette plaie béante que sont mes regrets, à chaque fois qu’elle utilise ses lèvres pleines pour débiter ses mensonges.

Cette fille cache quelque chose. Sa fuite du bâtiment de l’Ordre n’est pas une coïncidence, je suis prêt à le parier. Je n’ai pas de preuve, mais je suis convaincu qu’elle est un loup déguisé en agneau.

La réalité me rattrape quand je laisse tomber la lame de rasoir. À quel moment m’en suis-je emparé ? Et pourquoi du sang coule-t-il le long de mon avant-bras ? J’ai dû me mutiler. Quant à savoir pourquoi, c’est déjà plus compliqué… Je laisse le liquide rouge goutter dans le lavabo. Le bruit qui en résulte est léger, régulier et, en fin de compte, réconfortant.

Mais qu’est-ce qui cloche chez moi ? Est-ce qu’elle me retourne tellement l’esprit que je n’ai plus conscience de mes actes ? Pour un être normal, c’est déjà un problème, mais pour moi, c’est le synonyme d’une catastrophe imminente. Il faut que je m’éloigne d’elle. Elle est trop dangereuse. Elle va assurément me faire perdre le restant de lucidité qu’il me reste…

Heureusement, j’ai accepté d’accompagner Art et Vince dans une mission consistant à empêcher la propagation d’un virus capable de tuer tous les Mods. Un boulot loin d’elle, voilà ce qu’il me faut pour me sortir de ce guêpier. Et si elle est encore là à mon retour, je partirai dans une autre unité… enfin, s’il n’est pas trop tard pour moi.

Un bruit dans le couloir me sort brutalement de mes pensées. Je rince mon bras et le sèche avant d’aller chercher la source de cette perturbation. Je longe le couloir jusqu’à la pièce à vivre et je tends à nouveau l’oreille, à l’affût du moindre bruit. Il n’y a personne. Seules brûlent quelques lampes à pétrole, créant des ombres mouvantes sur les murs. Le résultat est un peu angoissant.

Je m’approche du panier à fruits et m’empare d’une belle pomme verte. Je croque dedans à pleines dents et savoure la légère acidité de sa chair juteuse. Je m’affale sur un gros coussin jaune. Le silence n’est rompu que par le son de ma mastication, et cela me rassure. Je balance le trognon à la poubelle avant d’aller me soulager.

Nos toilettes sont assez rudimentaires, puisqu’il s’agit d’un trou grossier dans la roche qui rejoint un cours d’eau quelques mètres en contrebas. Toutefois, ce manque de modernité est largement compensé par la vue incomparable. En effet, quand on s’y tient debout, on peut admirer la forêt aux alentours. J’en suis à remonter mon caleçon lorsqu’un cri humain venu du dehors me fait sursauter.

Je m’approche de l’ouverture pour tenter d’identifier l’origine du hurlement. Il me semble que c’était une femme, et j’ai un mauvais pressentiment. L’aube est presque là et je n’ai pas de mal à scruter l’orée de la forêt, mais il n’y a plus aucun bruit. Je m’apprête à renoncer, lorsqu’un envol d’oiseaux me conforte dans mon idée. Je n’ai rien imaginé ! Il y a bien quelqu’un dehors, et cette personne s’éloigne dans la direction de l’est. Un terrible doute s’insinue dans mon esprit en ébullition.

Je fais demi-tour et cours à la chambre de Léa, où doit dormir l’Anglaise. J’entre dans la pièce tel un possédé et me précipite vers le lit. Vide, tout comme le reste de la pièce.

« La garce ! »

Je songe à cet instant à quatre moyens différents de l’assassiner, dont mon préféré reste de lui ouvrir le ventre et de l’étrangler avec ses propres boyaux. Je sais que je ne suis pas rationnel ; on dirait que, dès qu’elle entre en jeu, je peine à garder le contrôle de mon esprit torturé.

Je repars au pas de course vers la chambre la plus proche. Je ne sais même pas qui y dort, mais, en cet instant, cela m’importe peu. J’ai juste besoin de prévenir quelqu’un avant de me lancer dans la traque de cette foutue bonne femme. Et quand — pas si — je l’aurai attrapée, personne ne pourra m’empêcher d’assouvir ma vengeance.

Le malchanceux propriétaire de la chambre voisine est mon ami Matt. Le fait que je l’ignorais en dit long sur moi… Je le secoue sans délicatesse et il grogne avant de papillonner des paupières. Quand il réalise qu’il s’agit de moi, je le vois se tendre et s’asseoir avec rapidité. Prêt à actionner sa capacité à calmer mes émotions, je le sens déjà tenter une intrusion dans mon esprit.

« Arrête tes conneries, Matt ! Je ne suis pas là pour ça !

— Mais alors, qu’est-ce qui se passe, BigD ?

— L’Anglaise s’est barrée. Je dois la rattraper avant qu’elle ne crache au premier Norms venu où se trouve notre repaire. Elle en sait trop ! »

Inutile de préciser ce que je compte faire une fois que je l’aurai sous la main ; Matt n’est pas un idiot. Et, d’après son regard offusqué, il n’approuve pas mon plan. Il repousse son drap, et je me rends compte de sa nudité au moment où il commence à s’habiller… tout en me parlant :

« BigD, tu n’es pas dans ton état normal. Laisse-moi m’en occuper. Je suis le meilleur dans ce domaine et tu le sais. J’irai avec Marco, et on la ramènera pour…

— Non ! C’est ma proie ! C’est non négociable. »

Je sens mon humeur jouer au yoyo sous l’influence de Matt et je déteste ça. Toutefois, la nouveauté, c’est qu’il ne l’emporte pas. Il ne peut plus modifier mes émotions. Cela ne peut avoir qu’une signification : mon cerveau est trop atteint. Je suis à deux doigts de perdre la bataille face à la folie Z… Pourtant, tout ce qui me préoccupe actuellement, c’est de partir à la recherche de la fuyarde, et une fois qu’elle sera à moi… personne ne pourra la sauver de mes griffes. Pas même mon meilleur ami Matt !

Ce dernier termine de boutonner son jean, et il se raidit quand il réalise qu’il n’a plus d’ascendant sur moi. Il me fixe une seconde, cherchant la meilleure façon de procéder, sans doute. Va-t-il tenter de me maîtriser physiquement ? Il n’a aucune chance et il en est conscient. Il sort de sa contemplation pour enfiler son haut, quand il me fait une nouvelle proposition :

« Écoute-moi ! Si tu veux vraiment le faire, je ne pourrai pas t’en empêcher. Je te demande juste de me laisser t’accompagner. Je t’aiderai à la retrouver et, en contrepartie, je veux juste une chose.

— Quoi ?

— Laisse-lui une chance de s’expliquer. J’ai sondé son esprit. Elle n’est pas mauvaise. Elle doit avoir une bonne raison pour être partie. »

Le temps presse et il est vrai qu’avec lui, j’irai plus vite pour retrouver sa trace. Et puis ce n’est pas une bien grande promesse que de la laisser respirer quelques minutes de plus…

« C’est d’accord. »

Je me relève et m’apprête à repartir lorsque sa voix inquiète m’interpelle de nouveau :

« BigD ?

— Quoi encore ? On doit y aller pendant que la piste est chaude !

— Tu es en caleçon, mon ami… »

Je me fige sous le coup porté par ses mots. Je baisse la tête et mon regard se pose sur mes pieds et mes jambes nues. Comment ai-je pu oublier que j’étais à moitié à poil, bordel ?! Cette punaise anglaise est en train de m’achever. Je dois la neutraliser avant qu’elle n’y parvienne définitivement.

« Je serai prêt dans deux minutes.

— Pas de problème. Je vais profiter de ce laps de temps pour prévenir Marco. Il passera le message à Nico et aux autres dès qu’ils seront debout. »

Je me contente d’un vague grognement en guise d’acquiescement avant de retourner dans ma propre chambre.

J’enfile à la va-vite mon treillis, un pull camionneur en grosse maille noire, mes rangers et, surtout, mon flingue. Je ne sors jamais sans lui pour assurer mes arrières. Je suis bon tireur, si j’en crois mon entraîneur Smith, et il est le meilleur dans ce domaine.

J’envisage une seconde de partir sans le blond à la gueule d’ange ; toutefois, c’est sans compter sur son sens de l’anticipation surdéveloppé. Il m’attend déjà à l’entrée de la grotte avec son sac de randonnée sur le dos et une lampe torche à la main. Je ne suis pas vraiment étonné quand il m’annonce avec assurance :

« Elle est partie par là. »

Il me désigne exactement la zone où les oiseaux se sont envolés. Il est vraiment doué, pas de doute possible.

« Alors, qu’est-ce qu’on attend pour récupérer cette traîtresse ? »

Et, sans attendre, je m’enfonce à grands pas dans cette forêt devenue familière, depuis le temps. Ce sera encore un avantage. Et quand je la tiendrai… Un sourire mauvais s’affiche sur mon visage. Et, pour une fois, j’en suis parfaitement conscient !

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