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Les Néo-Gaïens T04 : Nouvelle Ere - Chapitre 01


3 mai 2040

Matt


Le voyage est un enfer tant je me sens mal à l’aise. En effet, comme à chaque fois, BigD conduit, mais, contrairement à d’habitude, c’est une Anglaise à la peau d’ébène qui est assise sur le siège passager. Le couple ne parle pas beaucoup ; je ne crois pas qu’ils en aient besoin. Ils sont juste présents l’un pour l’autre, et c’est suffisant. Elle l’observe avec un air amouraché, et j’entends de temps en temps le mâle grogner lorsqu’elle effleure par inadvertance — ou non — sa cuisse ou son bras.

BigD a tellement changé ces dernières semaines ! Il semble avoir trouvé la paix. Il s’est enfin pardonné la mort de son jeune frère. Keira l’a sauvé in extremis du gouffre de la folie Z. Et, rien que pour cela, je lui en serai éternellement reconnaissant. La théorie de Clara s’est confirmée une nouvelle fois à travers leur exemple.

Je ne peux m’empêcher de les envier. Qui pourra bien me venir en aide ? Moi qui suis obnubilé par mon meilleur ami depuis ce qui me semble être une éternité ? Moi, dont le cœur est définitivement obstrué par l’image d’un bel étalon italien aux cheveux soyeux, à la force discrète et à l’ouïe inégalable ? Je dois être maudit… c’est l’explication la plus logique et, malheureusement, la plus triste.

Mon tatouage se rappelle à mon bon souvenir alors que je ressasse les dernières paroles que Marco m’a adressées dans cette ruelle sombre : « Je suis désolé de ne pas pouvoir être celui que tu désires. » Je ne suis même pas certain de leur véritable sens… Je me frotte doucement l’avant-bras à travers mon sweat à capuche. Ça me démange à tel point que je voudrais pouvoir m’arracher la peau.

« Tu as mal ? »

Je lève la tête vers Marco, qui semble un peu trop intéressé par le dessin sur mon bras. Je le trouve d’autant plus culotté qu’il m’a ignoré depuis notre départ de la zone 51, trois heures plus tôt. Il papote un coup avec Ryan, qui est à sa droite, un coup avec Zee, qui est à sa gauche. Si Riley n’avait pas préféré prendre sa moto, je parie qu’il ne m’aurait toujours pas adressé la parole ! Ce qui me consterne le plus, c’est qu’il a l’air vraiment inquiet. Qu’est-ce qu’il croit ? Que je vais mourir d’une infection ? Ce serait peu probable pour un Mods de deuxième génération…

« Non. »

Je lui réponds doucement et avec un certain détachement. Totalement feint, bien évidemment, et il me connaît assez pour le savoir aussi, mais je m’en moque. Je baisse de nouveau les yeux sur un vieux livre que j’ai pris pour passer le temps durant le trajet, non sans apercevoir la tristesse dans le regard de mon ami. Je voudrais pouvoir changer mes sentiments à son égard ; toutefois, il est trop tard. Notre baiser dans les bois a ouvert la boîte de Pandore. Je refuse de continuer à faire semblant, pas alors que j’ai senti son désir. Je n’ai aucun doute là-dessus : c’est mon don de ressentir les émotions des autres… enfin, malédiction serait un terme plus adéquat quand Marco entre dans l’équation.

« Qu’est-ce que tu lis ? »

Je décèle une certaine crainte dans sa voix, et je me force à prendre une grande respiration avant de lui répondre, tout en le fixant de mon regard le plus sombre.

« C’est l’histoire d’un homme incapable de faire face à son désir homosexuel dans le Japon de l’après-guerre. Il va faire de mauvais choix, s’en mordre les doigts et gâcher sa vie… Pas le genre d’œuvre que tu apprécies, je crois.

— Sorti de la science-fiction, c’est vrai je ne suis pas fan de lecture en général.

— C’est marrant, parce que le héros me fait un peu penser à toi. »

Je le vois s’agiter sur la banquette alors que Ryan et Zee observent notre échange en silence. J’ai voulu le titiller, mais je le regrette déjà. Il n’est pas à l’aise avec ce genre de conversation, encore moins avec des spectateurs. Je le vois se contracter et baisser le regard tandis que ses joues rougissent légèrement. C’est une vision qui pourrait m’exciter dans d’autres circonstances… mais pas là.

« Laisse tomber… Je te taquine.

— Tu pourras me le prêter quand tu auras terminé ? me surprend-il à répondre. J’aimerais comprendre.

— Comprendre quoi ?

— Quels éléments font que cet homme a fait le mauvais choix. »

Sa réplique me transperce de part en part. C’est comme s’il s’adressait directement à moi. Comme si je pouvais l’aider à trancher sur ce qu’il devrait faire. Mais soyons réalistes : personne ne peut faire ce choix à sa place ! La décision lui appartient et je ne veux surtout pas interférer plus que je ne l’ai déjà fait. Marco finirait par me le reprocher… Je me contente donc de lui répondre :

« Bien sûr. »

La camionnette s’arrête et tout le monde sort pour une pause repas bien méritée. Je descends du véhicule et me dégourdis les jambes avant de m’enfoncer dans le sous-bois pour me soulager. Quand je retrouve mes amis, Keira et Marco ont déjà installé la nappe par terre pendant que Ryan sort une salade géante. Le temps est magnifique et une grosse chaleur s’abat sur nous. J’enlève mon pull pour ne garder qu’un débardeur gris.

Je vire également le pansement pour laisser respirer mes cicatrices. C’est encore rouge, et je commence à peler à certains endroits.

« C’est quoi, ce bordel ? »

Je me retourne vivement en me demandant après qui BigD en a, lorsque je réalise qu’il s’adresse à moi. Il fusille mon tatouage du regard. Je ne comprends pas du tout le motif de sa colère.

« Quel est le problème, BigD ? »

Au lieu de me répondre, il s’empare de mon bras avant de le tirer à lui.

« BigD ? BigD !

— Quand l’as-tu fait faire ? s’écrie-t-il en me dévisageant.

— Avant-hier, pourquoi ? »

Son regard passe de Marco à moi et mon don s’active de lui-même. Il émane de BigD une peur panique. Et un BigD qui est angoissé ne peut signifier qu’une chose : je suis dans la panade.

« J’ai eu une vision de toi avec ça, répond-il en désignant du menton mon M stylisé. C’était il y a des années, mais ce rêve me hante depuis.

— Pourquoi ne m’en as-tu jamais parlé ? Et qu’as-tu vu ?

— Rien de bon, mon ami.

— Je… Je vais mourir ? »

Je bégaie tant mes tripes se tordent sous l’appréhension. Je note que Marco s’est posté à mes côtés dans l’expectative, lui aussi, d’un éclaircissement de la part de BigD.

« Non ! m’assure ce dernier. Pas tant qu’il me restera un souffle. »

Son regard se fixe un instant de trop sur Marco, et je comprends alors que je ne suis pas le seul concerné. Mon cœur s’emballe, car je refuse d’imaginer l’Italien mourir. Je me fiche de perdre la vie, mais lui… Je sens les larmes me monter aux yeux sans pouvoir les arrêter.

« Non… C’est impossible… Il ne peut pas… », bredouillé-je.

Je me retourne pour voir l’air sombre de Marco. Il a compris. Il sait qu’il est en danger. Et pourtant, il reste impassible, nimbé d’une force létale qui le rend encore plus magnifique à mes yeux. Il ne baisse pas le regard après les aveux de BigD et ne montre aucun signe de crainte. Il se contente de m’entourer de ses bras avant de me murmurer à l’oreille :

« Personne ne te fera de mal. Je te le promets. Et je ne suis pas facile à abattre. Aie confiance en moi, Matt. »

Sa dernière phrase est à la limite de la supplication. J’ai envie de le croire… J’ai besoin de le croire ; cependant, je suis aussi lucide. Les songes de BigD sont souvent prémonitoires. Je voudrais répondre à tout le monde que je vais bien. Que je leur fais confiance ! Que tout va bien se passer ! À la place, je m’enfuis, car la nausée m’assaille.

J’ai à peine le temps de courber l’échine contre un chêne centenaire que je rends l’intégralité de mon déjeuner. Les spasmes s’estompent et, bientôt, seul le goût amer de la bile reste collé à ma langue. J’essuie mes yeux humides. Le bruit de l’eau qui coule m’interpelle et m’attire. Je me dirige vers un petit ruisseau. Je m’accroupis et me rince la bouche à plusieurs reprises avant de retrouver finalement un semblant de calme.

« Nous n’allons pas mourir, Matt. »

Je sursaute en me relevant. Dire que je n’ai même pas entendu Marco marcher derrière moi ! Cela en dit long sur mon état d’esprit et ma capacité à réaliser cette mission. Pas étonnant que cela se termine mal pour moi…

Je me retourne et observe l’Italien sous un rayon de soleil, adossé à un arbre avec nonchalance. Il est si beau dans sa posture assurée… Et je ne parle pas de sa tenue, qui moule son corps comme une seconde peau. Je ne trouve pas de meilleure réplique qu’un rire forcé. Marco ne se laisse pas démonter par ma réaction et me rejoint avant de poursuivre :

« BigD ne nous a pas vus morts. Alors, ce n’est pas la peine d’imaginer le pire.

— De quoi a-t-il rêvé ?

— Nous deux, prisonniers. Enfin, sa vision était focalisée sur toi. Tu me parlais, à priori. Tu étais attaché, mais sain et sauf.

— Et toi ?

— Je te l’ai dit, il ne m’a même pas perçu… seulement entendu. Ce qui signifie que j’étais en vie et, pour l’instant, ce détail me suffit. »

Quelque chose cloche dans ses paroles, qui se veulent pourtant rassurantes. Il me cache quelque chose. Une information importante qui ne va sûrement pas me plaire…

« Qu’est-ce que tu ne me dis pas, Marco ? »

Il baisse un instant le regard puis se reprend avant de tout me balancer d’une traite :

« Il semblerait que j’étais plutôt mal en point. »

Un sanglot m’échappe avant que je ne puisse le retenir. Mes jambes deviennent du coton et je tombe à genoux, sans même ressentir quoi que ce soit. Marco s’abaisse à mon niveau et pose sa main ferme sous mon menton, qu’il soulève. Il m’oblige ainsi à l’affronter du regard pendant qu’il me parle d’une voix forte :

« Écoute-moi bien, cuore mio : tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. Et tant qu’il me restera un souffle de vie, je me battrai pour ce monde meilleur dont nous rêvons tous les deux depuis si longtemps. Rappelle-toi ! Nous devons construire un bateau et pêcher. Vivre dans une de ces nombreuses îles grecques… au soleil. Manger du poisson, bronzer, se baigner et boire leur fameux alcool anisé… Quel est son nom, déjà ?

— L’ouzo.

— Oui, mon ami. Nous y sommes presque. La victoire est à notre portée… toute proche. Je peux en flairer l’arôme, qui fait pulser chaque terminaison nerveuse de mon corps. Ne le sens-tu pas, toi aussi ? »

En ce qui me concerne, c’est plutôt sa main sur mon visage qui m’excite au plus haut point… Il possède une telle assurance quand il exprime ses pensées, son regard est si intense que j’ai une envie irrésistible de combler les quelques centimètres qui nous séparent pour enfin assouvir mon besoin de ses lèvres.

Or, je ne le ferai pas. Parce qu’il ne veut pas de moi. Ce rappel à l’ordre me foudroie et je me recule d’un coup pour échapper à son toucher, qui me trouble plus que de raison.

« Je n’ai oublié aucune de nos conversations, Marco. Je crois d’ailleurs me souvenir que tu parlais d’une jolie brune à forte poitrine et d’une ribambelle de gamins dans tes beaux discours. Désolé de briser ton illusion, mais cela n’arrivera pas. Je suis sans doute trop masochiste pour fuir mon ami hétéro que j’aime, mais certainement pas assez pour vivre à ses côtés alors qu’il a une famille. Si nous survivons à tout ceci… je m’en irai. »

C’est au tour de Marco de reculer, comme si je venais de lui asséner un coup de poing à l’abdomen. Son visage se décompose sous le choc de mon annonce. Et sa réaction me plaît. Suis-je si horrible que ça de vouloir faire de la peine à mon meilleur ami pour être sûr qu’il tient à moi ?

« Tu n’es pas obligé, Matt.

— Bien sûr que si. Je supporte à peine de te voir collé à une inconnue dans un bar, alors imagine ma douleur de t’observer avec ta femme. Celle que tu honoreras, que tu aimeras, que tu baiseras jusqu’à la fin de ta vie. Ça me tuera aussi sûrement qu’une balle dans la poitrine. Alors, ne me demande pas ça, Marco. Pas si tu estimes un tant soit peu notre amitié. »

L’Italien a le tact de ne pas répliquer. Il se contente d’un hochement de tête avant de se relever, m’offrant une main vigoureuse pour m’entraîner dans son sillage.

Alors que nous rentrons côte à côte dans le plus profond silence, je me rejoue sans cesse notre dialogue dans ma tête. Je me remémore les mots italiens qu’il a employés et dont je ne connais pas la traduction.

« Que signifie cuore mio ?

— Mon cœur. Pourquoi me demandes-tu ça ?

— Parce que c’est ce que tu m’as dit ! »

Je me fige et, quand il tire ses propres déductions, Marco m’imite. Il se crispe et la panique s’empare de lui. Pas besoin de capacité spéciale pour le comprendre. Il m’a attribué un petit nom du genre de ceux qu’on donne à la personne qu’on aime. Le problème, c’est qu’il ne s’en est même pas rendu compte. Pire encore, il n’est pas prêt à l’assumer. Alors, qui suis-je pour le forcer ? Je reprends donc ma marche comme si de rien n’était, en lui balançant d’un ton léger :

« J’ai dû mal comprendre… Tu sais à quel point je suis mauvais en langues… »

Je le dépasse pour lui signifier que je n’attends aucune réponse de sa part.

J’entends ses pas après quelques secondes d’un troublant silence. Nous rejoignons les autres, qui ont commencé le repas. Mes amis se taisent à notre arrivée, et je note une certaine culpabilité qui émane de BigD. Ce dernier s’approche pour tenter de me réconforter.

« Mes visions sont là pour une bonne raison. Et je suis persuadé que celle-ci a aussi son intérêt. Je te fais la promesse que, si vous êtes emprisonnés, je remuerai ciel et terre pour vous retrouver et vous délivrer. »

La sincérité de mon ami me touche au plus profond et, geste encore inconcevable il y a quelques semaines, il m’offre une accolade chaleureuse.

« Merci. »

C’est tout ce que je trouve à répondre.

Nous mangeons et repartons moins d’une heure plus tard, dans le but d’arriver avant le coucher du soleil. L’ambiance se détend et je fais plus ample connaissance avec Ryan et Zee.

Le frère de Keira est un jeune idéaliste plein de fougue et d’assurance, mais je perçois une certaine fissure au fond de lui. Quoique sa détention ne lui ait pas laissé de séquelles extérieures, je devine des blessures à l’intérieur. J’ai entendu dire que son bourreau était un homosexuel sadique. Je pense qu’il n’existe rien de pire que le viol d’une personne… que la victime soit un homme ou une femme. Et je suis prêt à parier que le jeune Anglais a subi des sévices.

Pourtant, la façon dont il s’adresse à moi, ouvertement, sans préjugé ni rancœur pour ce que je pourrais lui rappeler, me laisse à penser que, peut-être, il préfère les hommes aux femmes. De plus, il me sourit très souvent et m’observe quand il pense que je ne le vois pas. Je n’avais rien remarqué — trop obnubilé par Marco —, mais maintenant que je viens de passer l’après-midi à lui parler… C’est comme si mes œillères venaient de disparaître. Ryan m’offre encore une mine radieuse pendant que je discute avec Zee.

C’est alors que je la sens : une colère intense et sombre qui se dégage de Marco. Je me tourne vers lui, prêt à lui demander ce qui le contrarie autant, quand je me rends compte que son attention est focalisée sur le jeune Anglais à la peau sombre. Pourquoi ressent-il une telle animosité à son égard ? Ryan ne dit pourtant rien ; il se contente de m’écouter en affichant un sourire béat.

C’est alors que la lumière se fait dans mon esprit. Il est jaloux. C’est une émotion qui peut vite dégénérer en quelque chose de bien pire. Ce que je ne comprends pas, en revanche, c’est son motif. Je bloque sur Marco qui observe Ryan alors que celui-ci fixe son regard sur moi. Une équation bien dangereuse. Ryan a dû remarquer mon changement de comportement, car il pivote la tête vers mon meilleur ami. Il perd aussitôt le sourire et nous tourne le dos pour faire semblant de se reposer.

Quelque chose m’échappe. Je ne suis pas le seul à me rendre compte de la situation, puisque Keira demande à Marco :

« Tu veux bien prendre ma place ? Je crois que tu seras plus utile devant à aider Duncan pour la route. »

L’Italien réalise enfin qu’il n’est pas dans son état normal et se lève pour échanger son siège avec la belle Anglaise. Cette dernière se met à côté de moi et sa senteur florale envahit rapidement mon odorat. Zee s’allonge pour piquer un somme et je me retrouve à converser avec elle. Je l’apprécie vraiment pour tout le bonheur qu’elle procure à BigD ; seulement, j’ai parfois l’impression qu’elle a une arrière-pensée lorsqu’on discute…

« Comment vas-tu, Matt ?

— Bien. Pourquoi cette question ?

— Tu t’es fait tirer dessus il n’y a pas si longtemps que ça. Mon inquiétude est légitime, non ?

— Si tu te préoccupes de la mission, je vais assurer. »

Malgré mon ton calme, je suis sur la défensive. Et je ne sais même pas pourquoi.

« C’est pour toi que je m’en fais… pas pour le reste. Je t’apprécie vraiment, Matt, mais…

— Mais quoi, Keira ?

— C’est juste que je te vois t’accrocher à la mauvaise personne et souffrir. Tu mérites mieux. Tu mérites d’être aimé. Tu mérites le bonheur. »

Comment puis-je être aussi transparent auprès de l’Anglaise, que je connais depuis quelques semaines à peine ? À quel point suis-je ridicule aux yeux de tous, de m’agripper ainsi à un hétérosexuel ? La situation est tellement risible !

« Peut-être. Mais dis-moi une chose, Keira : aurais-tu pu renoncer à BigD ? »

Elle réfléchit quelques instants avant de m’offrir un grand sourire.

« Je l’ai perdu pendant presque une décennie et, pourtant, je n’ai jamais pu l’oublier.

— Alors, tu as ta réponse.

— Dans ce cas, Matt, je vais t’aider. Je connais quelques petits trucs qui pourraient t’être utiles… »

Notre trajet se termine dans la complicité pour Keira et moi. Je note aussi avec satisfaction les nombreux regards inquisiteurs de Marco. L’âme sœur de BigD a raison : si je veux le faire réagir, abattre ses défenses, je dois le pousser à bout… et j’ai une petite idée quant au moyen d’y parvenir. J’en jubile d’avance !

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